LUTHIERS MESSINS

16 octobre 2017

Réparation fractures table contrebasse et pose nouvelle barre

Atelier Bertrand Didier à Metz

IMG_0915

 

Dans le cas de cette table de contrebasse, différentes opérations nécessaires ont été effectuées après détablage :

1) Recollage des fractures et pose de taquets en sapin.

2) remplacement de la barre, réalisation selon la voûte intérieure, pose et finition au rabot et papier de verre

 

 

Posté par luthdidier à 14:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]


04 octobre 2017

Chevalet " DE JACQUES "

Le Chevalet  « DE  JACQUES »

Le chevalet aux pieds articulés « DE JACQUES » qui s’ajuste instantanément sur n’importe quel instrument, a été une innovation nouvelle datant de 1963. Le bois qui a servi était le même que pour les chevalets classiques, en érable sycomore. Cette conception nouvelle en lutherie n’a pas donné les résultats escomptés, les luthiers continuant à tailler leurs propres chevalets en fonction de leurs instruments.

La maison J. Thibouville-Lamy à Mirecourt, sous licence fabricants de ce chevalet,  destiné aux violons, altos, violoncelles et contrebasses, confie le façonnage en prêtant la défonceuse à M. Louis Jeandel (Chevalets AUBERT) installé à Ambacourt.

les articles parus dans les revues professionnelles, comme le prospectus prônant l’amélioration de la sonorité de l’instrument, n’ont jamais convaincu les luthiers en France.

 

 

thumb_Chevalet DJ 3_1024

Posté par luthdidier à 23:18 - Commentaires [0] - Permalien [#]

10 mars 2017

L'Enture du manche

Une opération délicate consistant à adapter sur un manche neuf, au moyen d'une enture, une tête qui mérite d'être conservée. 

Il faut faire l'ablation du vieux manche au ras du chevillier, et dans chacune des joues du chevillier à l'intérieur de la mortaise, une entaille s'arrêtant carrément au milieu du deuxième trou et se termiant à zéro au bas de cette mortaise.

(extrait de l'ouvrage d'Auguste Tolbecque " l'Art du Luthier ")

IMG_1852

 

IMG_1854   

Opération exécutée dans notre atelier

Posté par luthdidier à 09:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 mars 2017

L'Ecole Professionnelle de Lutherie Didier à Mattaincourt

Marius Didier ayant exercé la fonction de responsable de la formation des apprentis luthiers de l'atelier de la maison Thibouville-Lamy pendant plus de vingt ans, pense que le moment est venu d'ouvrir son propre atelier avec son fils Paul qui vient d'achever sa formation à Mirecourt.

En 1925, Paul Didier débute sa carrière de luthier en collaboration avec son père dans cet atelier installé à Mattaincourt (petit village proche de Mirecourt) L'espace de travail a été aménagé pour plusieurs établis pouvant recevoir des apprentis et les artistes de passage. Jean Bauer venant d'Angers effectue son apprentissage (1929-1933) acquiert les préceptes du métier d'art et remportera un belle victoire avec le 1er prix du concours international de Liège en 1954.

Paul Didier quitte son père en 1936 pour s'installer à Metz et y ouvrir son atelier. Il reste en constante relation avec son père pour la fabrication de certains instruments. Aujourd'hui c'est son petit fils Bertrand qui perpétue la tradition en cette même ville.

 


                             Scan 9

Scan 16

Posté par luthdidier à 14:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 janvier 2017

Barre d'harmonie courbée dans un violon

Question que se pose Bertrand Didier luthier à propos d’un violon provenant de l’atelier Léon Mougenot Mirecourt dont l’étiquette porte le n° 262 année 1924.

Lors du détablage de l’instrument pour effectuer la réparation des deux cassures à la table, il constate que la barre d’harmonie n’est pas droite comme dans tous les violons, mais courbée comme le montre la photo jointe.

S’agit-il d’une expérience pour l’amélioreration des vibrations de la table ? 

Qui a pu effectuer ce travail ?

Il aimerait savoir si d’autres luthiers ont constaté ce type de barre d’harmonie ?

 

Mougenot étiquette

Mougenot Barre Harm

Posté par luthdidier à 09:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]


17 novembre 2016

Pose de la mèche d'un archet

POSE DE LA MÈCHE D’UN ARCHET

 Dès la fin de son apprentissage de luthier, en 1924, Paul Didier effectue un stage à la maison Ouchard Archetier à Mirecourt sur les conseils de son père qui pense que cela lui sera profitable si par la suite il veut s’installer. Dans ses souvenirs, il évoque les trois mois passés dans cet atelier d’archetiers dirigé par le père Ouchard. Son fils Emile-André était le maître et surtout un véritable artiste. Cette formation va lui être utile lorsqu’il reprend l’atelier Mouchot à Metz et doit assurer les réparations des archets de tous les clients. Aujourd’hui, c’est son petit fils Bertrand qui réalise ces interventions. 

 Une mèche de crins, pour être bien posée dans la hausse et dans la tête de l’archet, demande une certaine pratique pour un travail de qualité. L’instrumentiste professionnel attache beaucoup d’importance à ce que la mèche soit de premier choix et bien posée. Les crins doivent former un ruban plat.

Le crin blanc naturel non blanchi, d’une longueur de 75 à 77 cm provient des chevaux  étalons sauvages vendus sous forme de bottes triés. Le crin de la jument est impropre de par son urine qui la souille.

Il y a deux façons de poser une mèche, soit la fixer par la tête ou dans la hausse. C’est  la deuxième qui est pratiquée dans l’atelier de Bertrand Didier.

Placement de la mèche dans la hausse : Prendre l’extrémité ligaturée de la mèche, la recourber et la placer dans la mortaise de la hausse en la fixant par une petite cale de bois bien ajustée, le crin passant au-dessus de la cale. Replacer le recouvrement et le passant. Sous le passant l’espace devra être comblé par une cale triangulaire après avoir étalé la mèche

La hausse remise sur la baguette avec le bouton, les crins dont une extrémité est encore libre doivent être mouillés pour les assouplir puis peignés en les aplatissant entre le pouce et l’index. Après avoir déterminé la longueur et posé une ligature, la mèche est introduite dans la mortaise de la hausse et pour les étaler en largeur à la sortie on pose un coin.

IMG_1883

IMG_1877

Botte de crins d'archet

Posté par luthdidier à 13:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 octobre 2016

A propos du chevalet de violon

 

Le chevalet est une des parties les plus sensibles du violon, de l’alto, du violoncelle ou de la contrebasse. Sa forme actuelle résulte de longues recherches. Son rôle est extrêment important au point de vue de la facilité du jeu et de la sonorité. Mal positionné ou mal ajusté sur la table, il enlève toute sonorité à l’instrument. C’est lui qui transmet intégralement les vibrations à la table; sa place se trouve à égale distance des crans des ff et sur la ligne imaginaire qui réunit les crans.

Le chevalet est toujours en érable, bois résistant, coupé sur maille de manière à offrir le ressort énergique que l’on exige de lui. L’important est que les pieds, taillés  à l’aide d’un canif fin et très coupant, joignent parfaitement selon la voûte de la table de l’instrument et de sa touche. Sur la partie supérieure, le chevalet doit être mis en épaisseur mais ne pas toucher au coeur. Pour finir, on le lime légèrement et on le passe au papier de verre très fin. Sa caractéristique veut qu’il soit un peu plus haut du côté de la quatrième corde que celui de la chanterelle (Mi). 

Le chevalet taillé par un luthier porte en général sa marque au fer.

 

IMG_1847

 

Posté par luthdidier à 15:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 septembre 2016

ÊTRE LUTHIER EN PROVINCE

ÊTRE LUTHIER EN PROVINCE

Dans une ville comme Metz, le rôle du luthier est de répondre à une diversité de tâches afin d’assurer les soins nécessaires et la mise au point des instruments à cordes qui lui sont confiés. L’homme de l’art doit à la fois être un créateur, un restaurateur et un expert. Sa fonction en province est loin d’être négligeable.

Le luthier voit passer dans son atelier des élèves comme des artistes avec des instruments de valeurs inégales. ll est à la fois le confident et le médecin de leur instrument dont il connait les réactions et les caprices. Le parc instrumental de l’orchestre de la région, des conservatoires, des écoles de musique ont besoin fréquemment de ses interventions. Il fournit les conseils et les recommandations sur la manière d’entretenir le violon, l’alto, le violoncelle et la contrebasse afin d’éviter bien des méfaits : décollage, vernis abimé, chevalet déformé, chevilles bloquées. 

 Le luthier ne peut être que très proche des musiciens qui fréquentent son atelier. Dans la pratique de son art, sa compétence se transmet de musicien à musicien. La vie d’un luthier en province a ses exigences avec la multitude d’interventions pour redonner vie aux instruments. 

 Contrôle des épaisseurs de la table.                                                                                                                Outillage pour le placement de l'âme

IMG_1762

IMG_1821

 

 

Posté par luthdidier à 10:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 septembre 2016

VIOLON " LE FAISAN "

Violon " Le Faisan " 

 

Il s’agit d’un violon exécuté dans l’Atelier de Paul Didier, rue du Faisan, sous sa direction en 1953, par un artiste amateur messin, lequel a sculpté le dos de la Croix de Lorraine et de la Porte des Allemands.

La table est d’une seule pièce. L’étiquette se trouvant à l’intérieur est personnalisée à son nom M. Goetz.

 

Modèle unique provenant de ma collection personnelle.

 

IMG_1842

 

Posté par luthdidier à 15:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 août 2016

La lutherie à Metz mise en lumière

 

Dans les années allant de 1945 à 1960, l’activité du luthier Paul Didier dépend pour beaucoup de la vie musicale à Metz et dans le département de la Moselle. Durant cette période de crise pour la musique en province, les demandes d’instruments sont occasionnelles et imprévisibles et les débouchés peu importants. Le luthier messin affermit sa réputation dans son savoir-faire et dans la structure de ses instruments qu’il fabrique et qu’il destine à des musiciens amateurs et professionnels.

Luthier du Conservatoire de Metz, une compétence reconnue qui fait que la ville lui confie les réparations, les restaurations mais également les réglages nécessaires sur les instruments à cordes de son patrimoine.

En 1946, la ville de Metz crée l’orchestre municipal dont l’effectif de musiciens a été limité par rapport aux moyens financiers. La direction de l’orchestre a été confiée à M. Henri Graebert directeur du conservatoire de Metz. M. Gabriel Soudant est violon solo. Les nouveaux professeurs qui viennent d’être recrutés assurent les postes de soliste : M. Maurice Leblan à la contrebasse et M. Rénezé-Emery au violoncelle.

Le Conservatoire de musique dispense l’enseignement et la pratique instrumentale dans les différentes disciplines. Concernant l’acquisition d’un violon d’étude neuf, le prix est fonction de sa fabrication (industrielle ou fait main). Avec le passage dans les différentes tailles (1/4, 1/2, 3/4), le luthier propose également des instruments d’occasions, remis en état.

Malgré les difficultés du métier, Paul Didier n’abandonnera pas son art, mais se pose des questions sur l’avenir et pense qu’il devra s’adjoindre une activité annexe.

 

Orchestre M

Photo de l'orchestre municipal de Metz 1948 (collection de l'auteur)

 

 

Posté par luthdidier à 10:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]